Collection 001

Le masque n'a jamais protégé les puissants

Pourquoi une marque de vêtements prend pour emblème le masque du médecin de la peste — et ce que ce choix engage.

· Yassir Msittef

Le masque n'a jamais protégé les puissants. Il était porté par ceux qui entraient là où tout le monde fuyait.

C'est de là que vient la Collection 001, et c'est pour ça qu'elle se traverse en trois mondes plutôt que de se lire d'un bloc : une même collection, vue depuis les ténèbres, depuis le voyage, depuis la lumière. Le vêtement ne change pas. Le regard qu'on porte dessus, si.

Ce qu'on appelle la peste

La peste, ce n'est pas une maladie. Ce sont ceux qui tiennent le monde et décident qui compte.

Elle a des dates et des noms propres : des peuples effacés, des pays vidés, la pauvreté écrite comme une règle. Cette règle nous veut dans l'ombre et impuissants. C'est là qu'elle travaille le mieux.

Se taire, c'est les laisser faire. Le silence n'a jamais été neutre : il choisit, lui aussi.

Pourquoi ça pèse

Alors ce vêtement pèse sur les épaules. C'est voulu : ce poids-là, d'autres le portent sans l'avoir choisi.

Dessiné dans le noir, fini dans la neige. La collection descend du noir galactique au blanc — Orbite en full black et teinture nuit, Périgée en coton double retors, Poudreuse en duvet 90/10 sous coque déperlante, Blizzard en laine feutrée blanc neige. Quatre pièces, une seule trajectoire.

Ce qu'un vêtement peut faire

Ces règles ont été écrites par des mains. D'autres mains peuvent les réécrire.

Rien n'oblige à crier. Mais on se doit d'être : visibles, nombreux, debout.

Un vêtement ne change pas le monde. Il dit qu'on a cessé de l'accepter.
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